Il y a des soirs comme ça, où mon notebook fait sa diva (chauve) et décide d’un black-out sans préavis (bien évidemment). Actions sociales: écran noir, re-boot intempestifs, mode sans échec (mais avec échecs ^^. J’adôÔôre) & Co. Autant dire que les négociations pour mettre fin à ce mouvement social s’annoncent pas simples. Bon, soit… qui a gagné un petit reformatage ? Des fois, les méthodes les plus radicales sont les plus efficaces. Des fois (seulement).
Oui bon, c’est bien beau tout ça, mais où est le rapport avec le titre du billet? Patience, jeune padawan. Ravi de devoir reformater mon ordi à 23 heures du soir, je tente de récupérer ce qui peut l’être, et le sauvegarde sur le disque dur externe. Et là, je tombe sur “Dossier Word”, avec dedans plusieurs textes écrits à différentes époques, et notamment sur ce texte.

Elle s’est jetée au ciel *
1er juin 2005, 12h17… Comme tous les midis, je prends le métro à Pernéty pour rejoindre celle qui partage un bout de ma vie. Je passe le « navigo » de la carte imagin’R sur la borne, ce qui a pour effet d’émettre ce son si spécifique, et d’activer le tourniquet. Je passe, descends les marches d’un premier escalier, puis celles d’un second. Me voilà sur le quai. Rien d’anormal. Le train est dans 2 minutes. Sur le quai, quelques personnes… huit tout au plus; parmi eux, un homme en costume (25 ans pas plus), une jeune mendiante des pays de l’Est qui est là chaque jour, une femme avec une poussette, et une autre un peu plus loin sur le quai, journal dans une main, cigarette dans l’autre (bien que la loi Evin l’interdisse). Peu importe elle ne gêne personne.
Le voilà, le train arrive. Le temps pour moi d’éteindre l’iPod, d’enlever les écouteurs. Un bref regard autour de moi, et je vois dans le regard de l’homme au costume se figer sur quelquechose dans mon dos, un peu plus loin sur le quai. A peine, ai-je le temps de me retourner que je vois une silhouette tomber sur les rails. Un cri étouffé et un bruit sourd résonnent dans la gare. La femme à la cigarette et au journal a sauté…
Inconsciemment, les gens ont tous la même la réaction : un mouvement de recul et la main devant la bouche. Le train, lui, s’est arrêté net. Tout le monde s’agite, personne n’ose s’approcher. Le train n’est entré en gare qu’à hauteur de la moitié du quai. Les gens à l’intérieur du métro ne semblent pas comprendre et ils savent que ça n’a rien de normal. Certaines personnes qui étaient sur le quai sont remontées à toute vitesse. D’autres viennent d’arriver et ne comprennent pas non plus ce qu’il vient de se passer. Dans l’escalier on entend un agent de la RATP demandant aux personnes de remonter, en ajoutant que lui « ne descendra pas sur le quai ».
Les gens obéissent et remontent sans discussion. Le train est lui toujours arrêté, immobile. A nouveau on entend l’agent de la RATP et cette phrase: « on est désolé ça arrive, les pompiers arrivent ». Phrase dite sur un ton presque léger. A croire que c’est devenu commun, que c’est « presque pas grave » tellement c’est courant. Sans commentaire…
Rien ne laissait présager « ça ». Cinq heures après, c’est la même image; cette silhouette qui saute. Je ne suis même pas certain qu’elle ait sauté… tout est allé tellement vite. Peut être a-t’elle sauté… peut être est-elle tombée involontairement (encore pire…). La sirène des pompiers se fait entendre au loin, je m’éloigne, passe un coup de fil « je suis bloqué, je ne viendrais pas. ».
Greg – Mercredi 1er juin 2005, 17h43.
(*) : Chanson de La Rue Kétanou
Voilà…
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[...] la possibilité d’écrire quelque chose sur les Sex Friends un jour, raconter la fois où elle s’est jetée au ciel le lendemain, et bloguer la dernière campagne Cross-Média de Lagardère Active [...]