Bon ça fait maintenant plus de 2 semaines, il y a donc prescription. Je peux donc t’en parler presque librement en édulcorant certains détails qui pourraient faire plus de mal qu’autre chose.

fillealavespa Le jour où jai quitté A.

C’était un jeudi (ou peut être un mercredi en fait) bref. On s’était donné rendez-vous en bas de chez elle. Comme d’hab, je quitte l’agence, quelques stations ligne 6 (qui à toute heure de la journée est toujours blindée. A croire que tout Paris s’amuse à faire des A/R sur la ligne 6. Sans importance, elle a au moins le mérite de fonctionner elle…).
J’arrive avec 15 min de retard. 25 minutes selon ses dires. Je suis assez lâche pour ne pas l’embrasser sur la joue, ce geste annonciateur du « faut qu’on parle… pour te dire que je vais te quitter ». Je l’embrasse furtivement.

Elle me dit que j’abuse d’être toujours en retard. Je lui réponds que c’est pas de ma faute, que j’ai beaucoup de boulot en ce moment, que je dors mal la nuit, qu’il y a trop de touristes à Paris, que le baril du pétrole est à 130$, que mon chat est mort. Je n’ai pas de chat. Elle sourit. Je dis tout. Je dis n’importe quoi juste pour retarder l’échéance. On se pose dans son futur ex-café préféré. Elle s’est maquillée. Elle n’aurait pas dû, le eye-liner qui coule c’est moche. Elle a mis une robe d’été, beige clair. Des espadrilles. Un crayon dans ses cheveux. Un peu de vert sur ses yeux.

Elle commande un mojito, je dis que je n’ai pas soif. Elle me commande un coca. Elle sourit.
Le temps passe, elle me raconte sa journée. Elle n’a pas fait grand chose. Un peu de shopping, un déjeuner avec son père, et Anna Gavalda au soleil.
Elle me trouve fatigué. Je le suis. Mais c’est surtout que je vais la quitter. Je ne veux pas lui dire, j’aimerai qu’elle le voit écrit sur mon visage. Qu’elle dise : ok j’ai compris. A… bientôt alors. Ca n’a pas l’air d’être écrit sur mon visage, ou alors elle fait semblant de ne pas le voir.

Alors je lui dis tout. Belle… relation à deux vitesses… elle s’attache trop vite… j’ai besoin de temps… impossible de continuer à l’embrasser pour répondre à ses « je t’aime », je suis flippé…un salaud aussi. Besoin de me sentir en danger aussi. Qu’on était trop jeune. Que c’est allé trop vite. Que j’ai couché avec sa sœur, que je fantasme sur sa mère.

Ses yeux brillent. Le eye-liner coule. Elle ne sourit plus. Je devrais peut être y aller. Elle ne me regarde plus, tente de contenir ses larmes. J’effleure sa main comme un « pardon pour ça », pardon de te quitter dans ton café preféré, pardon de te quitter maquillée et en robe d’été. Je suis parti.

Bloguesquement tiens. Je te love.

Ps : Parce que je suis toujours celui qui quitte de peur d’être quitté.
Ps 2 : J’aurai dû décrocher hier soir… je suis un salaud. Je t’appelle dans la semaine.
PS 3 : Qui a dit que je ne faisais plus dans les articles “perso & 3615Tavie.com”.