
J’avais 16 ans. J’avais décidé que cette année je ferai du snowboard. C’était l’époque où j’écoutais encore Blink-182, Sum-41, Green Day & les Red Hot. J’écoute toujours les Red Hot. Une envie formatée d’être non-conformiste. 16 ans, les cheveux ébouriffés, un piercing à l’arcade. Prêt à conquérir le monde tel Minus & Cortex. Je me voyais déjà laisser mes traces dans la poudreuse immaculée. Le bruit de la planche qui glisse. Je me voyais déjà…
Le 1er jour n’a pas vraiment d’importance. J’ai passé ma journée à descendre une fin de piste (que j’avais montée à pied) au mieux en feuille morte, au pire le cul dans la neige. Pour la première fois, je passais plus de temps à descendre une piste qu’à la monter. Il paraît que c’est les bases qui rentrent. A ce moment-là, je pensais surtout que le snow c’était beaucoup moins fun que ce que j’avais pu imaginer. Limite c’était un sport de gay et finalement le ski et/ou snowblade c’était pas si mal. Nevermind. Rentré le soir à l’hôtel, le cul gelé, la motivation un peu atteinte. Une bonne nuit de sommeil. Demain matin, je remets ça.
Le lendemain 9h. En bas des pistes et bien décidé à faire mieux que la veille (pas bien dur en même temps…). Déterminé. Motivé. Mais surtout trop occupé à fixer correctement ma chaussure sur le snow, pour me rendre compte qu’on me regardait. Qu’elle me fixait comme moi je fixais cette putain de chaussure. Moi entrain de bien galérer. Loser…Loser… LOSER.
Elle, châtain clair, les cheveux légèrement ondulés jusqu’aux épaules qu’elle cachait dans un bonnet gris clair. Les yeux marrons clairs. Peut être verts en fait… Un visage fin, une peau blanche rougie par le froid. Une poupée d’1m60 emmitouflée dans son écharpe. Elle, assez diplomate pour ne pas se moquer. Elle, fucking hot à faire fondre les neiges éternelles. Elle, assez téméraire pour entamer la conversation :
Elle : Tu ne serais pas l’hôtel-dont-jai-oublié-le-nom-rapport-que-ca-date-maintenant-a-plusieurs-années ?
Moi : euh… si
Elle : J’y suis aussi. Je t’ai vu hier
Moi : Ah ok. *oui j’ai beaucoup de conversation*
Elle : Tu fais du snow aussi ?
Moi : Euh… oui (pensée intérieure : WOW ! Perspicace. Une planche de surf, donc je fais du snow)
Elle : Cool. On peut monter ensemble en haut ?
….. *moment de réflexion* ….
Et là, le gros naze que je suis, dit « Yes we can. Oui on peut ». Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup. Mais là inutile de dire que sur le téléphérique – qui nous emmenait tout en haut, tout tout tout en haut – je parlais encore moins. Elle a du pensé que j’étais qu’un gros timide, alors que j’étais qu’un ptit con complètement stressé à l’idée de descendre ces looooongues pistes. Putain, mais il monte jusqu’où ce téléphérique ?
Je pensais déjà à la descente interminable des pistes sans même avoir songé à comment descendre du téléphérique sans me vautrer lamentablement. J’avais affreusement chaud malgré la température négative en haut des pistes. Je suis vraiment trop con. Faites qu’elle ait un niveau proche du mien. Proche de zéro. En même temps, elle m’a vue fixer ma chaussure. Quel rider met 10 min pour “se fixer” ?
Par je ne sais quel miracle, j’ai réussi à descendre … les yeux fermés. Pour le style, ne me demandez pas, je n’en sais rien moi-même. Une chose est sûre, le style ne devait pas être très académique. Une petite victoire en soi. Mais le plus dur restait à venir.
Quelques mètres de descente, et là F. a compris.
Elle : Tu en fais depuis combien de temps ?
Moi : Bah depuis au moins… 3h… autant dire une semi-éternité. Et toi ?
Elle : Trois ans
Moi : Pfff… Presque pareil.
Elle a rit. Moi aussi… nerveusement. Finalement on aura mis plus de 4h pour descendre cette putain de piste. (oui fallait que je case un “putain” dans cet article à la bisounours. En fait c’est le 2ème). 4 heures pendant lesquelles sa main a finalement croisé la mienne. Un peu à la façon des Poupées Russes entre Xavier & Néus. Sauf qu’à ce moment là, les Poupées Russes n’était pas encore sorti. 4 heures à faire du surplace sur un faux-plat. 4heures à tomber… toujours sur ce faux-plat. Faute de carre qu’elle me disait. Faute à ce sport de gay ouais !! 4 heures qui se transformeront en une relation de quelques mois. 8 mois. Peut être 6 en fait. La 1ère fille qui a compté dans ma vie, était une jolie snowboardeuse.
Quelques années plus tard, on faisait ça…
… ou pas. Aux dernières nouvelles, elle faisait des études. Médecine. A Rouen.
PS : Tout est vrai. Rien n’est exact.
Ps 2 : Vidéo vue chez Fubiz
Ps 3 : 2 a.m. Gonna sleep.
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bwwaaah fastoche! lol
Nan moi aussi je me souviens de ces jours entiers passés à galérer sur la piste verte, à se manger des fautes de quart et à se taper la honte devant les beaux gosses qui géraient…
Mais j’ai persisté, et maintenant je passe partout à ski, mais aussi à snowboard, et j’alterne l’un l’autre quand je veux.
(et j’ai un trop beau snowboard de ouf et des skis de ouf rien qu’à moi aussi, ça sert de faire des économies)
Mais c’est mignon, toi au moins t’as réussi à pécho sur les pistes. Moi mes espoirs sont restés vains ;)
Le matin de ma deuxième journée de snow j’ai juste rencontré des énormes bleus sur mes fesses, après une chute 3 mètres avant la fin du tire-fesses, j’ai laissé tomber, j’ai rechaussé mes skis adorés mais moins sexy et je me suis éclaté ! Le snow, ce n’est pas pour moi ! :D
Mais là je me joins à Anyia, t’as pécho sur les pistes !!! Whaouh, moi je croyais que ça arrivait que dans les rêves ! (Bon en même temps avec mes vieilles combi pourries ça risquait pas d’arriver…)
ça fait plusieurs jours/semaines/mois (au choix) que je te lis,
c’est la première fois que j’en ai des frissons
Elles sont toutes folles de toi, Amour !
Moi la première !
Ca me rappelle un sketch de Stephane Rousseau … peut etre que ça arrive à tous les mecs, peut être que j’aurais du apprendre à aimer la neige.
j’adore cet article. et j’adore la musique, c’est quoi?
moi j’ai abandonné le 2eme jour, le genou ayant douclé de volume… mais je reste persuadé que c’est trop plus la classe d’avoir une planche pr se la péter en bas des pistes que des skis… ah ça donne envie de poudreuse, de bataille de neige, et de vin chaud tout ça!! :D
@Anyia Moi aussi, ça me soulait de me taper la honte devant “les bogosses” :)
@ Noémi : Une chute de 3mètres, en tire-fesses ? Mais tu étais en lévitation avec le tire-fesses ? J’ai pas compriiis. Samantha sort de ce corps.
Oui j’ai “pécho”. J’avais pas… j’avais plus de combi pourrie.
@ Margaux : Il fait froid ? :)
@ Queen B : Pas toutes, non :)
@ Cha : Stephane Rousseau ? C’est qui lui ? Je me suis arrêté à Courtemanche. Désolé.
@ Loulabyy : La chanson : Adam’s song de Blink-182. Tu as oublié la tartiflette/raclette, les descentes avec l’iPod sur les oreilles, les chansons sur le téléphérique (en panne), tout ça.
Pas une chute de trois mètres, une chute trois mètres avant l’arrivée ! Décourageant…
Hehe ! Sympa la ptite histoire… lool !
En tout cas, ça me fait d’autant plus sourire qu’il y a une dédicace à Rouen… ^^
+++
P.S : Interdiction de cliquer avec trois doigts sur le “Rock the casbah” ? :(