Crise économique

nothappy3 Foutue crise économique

Bloc Party – Biko. Help yourself

Quand on a 23 ans, il y a des choses auxquelles on ne pense pas car on les croît trop lointaines : les grumeaux, la retraite, une assurance-vie, une vasectomie… un licenciement économique. A 23 ans on est bien trop occupé à trouver un appart, un job pour payer le loyer. Trop occupé à faire des choix vitaux : sushi ou mcdo ? Wii ou Ps3 ? Heroes ou Gossip Girl ? Elsa ou Stéphanie ? Capotes classiques ou nervurées ? Boîte de 6 ou 12 (nuggets :) ?

Vendredi matin, arrivé au bureau à 10h – la voiture ne démarrait pas… officiellement. Le temps de consulter ses mails (personnels), une réunion imprévue. 3 personnes sont présentes : votre N+1 (la barmaid), la DRH et vous. En rentrant dans la salle, vous comprenez. Vous vous asseyez, sans rien dire. Vous écoutez. Un long discours, ou plutôt un monologue. Vous êtes là sans être là ne retenant que quelques bouts de phrases. Crise économique… situation difficile… dernier arrivé, premier parti… pas un problème de compétences, bla bla bla bla.

[...]

Parti du boulot 5h plus tard. Bureau (presque) rangé, ordi rendu, valises bouclées à 18h. Une dernière soirée qu’on rebaptise “La soirée des virés”. On aurait dû la passer à boire finalement tout le monde se dit au revoir. Etrange sensation. Parti le lendemain midi, direction Paris. Boulot perdu, B. retrouvée. 23 ans, et 1er licenciement économique. Et dire que je pensais que ça n’arrivait qu’à l’approche de la cinquantaine. C’est vrai quoi ? Au journal TV on n’entend toujours parler de ces victimes du capitalisme qui, après trente ans passés dans la même entreprise, auront du mal à se reconvertir. Quid des “jeunes virés” ? Invisibles.

Tu veux quoi à Noël ? Un boulot. Foutue crise économique. Des projets en plein lancement qui faisaient qu’on se sent “intouchable”. “Ils ont besoin de moi”. C’est ce qu’on croit en période de crise. Ou plutôt c’est ce qu’on veut croire. Un peu plus de 3 mois passés au Luxembourg soit le temps pour s’y plaire trouver ses repères géographiques (ses bars préférés, ses restos,), ses repères relationnels (A. est au top, N. est un pote, quelle naze C.). Une fois, rentré à Paris, on se dit encore “ils vont me rappeler c’est sûr”. La soudaineté de l’annonce, vous rendrait presque con. Le pire dans tout ça, c’est que vous accepteriez s’ils vous rappellaient.

Entreprise citoyenne ne veut pas dire qu’elle est philanthrope. Seule satisfaction : mon mail d’au revoir et les deux douzaines de mails reçus ensuite. Et puis, avant-hier, 23 Décembre sur Twitter, c’est officiel. Alors, “juste” pour ça : Joyeux Noël à tous.

G.

Ps : une pensée toute spéciale pour Charline, Caroline, Aurélien & Fanny.