indiana mars09 18 months later. Same people, same placenothappy3 18 months later. Same people, same place

Roger Quigley – Piste 10 – Les Inrocks – 100 Trésors Cachés Volume 2 [.mp3]

Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Comme recevoir un SMS de la personne à qui on était entrain d’écrire. Comme être en costard seulement les jours où il pleut/neige. Comme perdre son boulot pour licenciement économique et en retrouver un dans la semaine qui suit. Comme être déjà très à la bourre et avoir son métro retarder parce qu’une femme accouche d’un grumeau (la légende dit qu’elle lui a donné le nom de la station : Tuileries. Dur). Comme recevoir un mail un samedi soir à 21h07 :

“Juste au cas ou (qui ne tente rien n’a rien, et ce soir j’ai vraiment envie de tenter..), tu ne serais pas libre ce soir par hasard?”

H. qui m’envoie un mail alors que je ne l’ai plus vue depuis 18 mois. Pas vue depuis cette fameuse soirée où j’ai laissé mon numéro à A. Pas vue depuis cette soirée passée sur le Champs de Mars devant France-Angleterre, à traverser le Pont d’Iéna en courant.

Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Comme être libre un samedi soir et la rejoindre 30 min plus tard devant l’Indiana Montparnasse… 18 mois après. Moi qui arrive à la bourre (normal), elle qui m’attend patiemment. S’apercevoir, se sourire (timidement), elle qui me prend dans ses bras. J’aurais dû la prendre dans mes bras le 1er. C’est vrai, on ne fait pas la bise à quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis 18 mois. Personne ne fait ça. Personne. Personne, sauf moi.

D’un commun accord on va dîner dans son restaurant préféré. Un resto intimiste avec des fauteuils colorés. Accessoirement, le resto qui accueille les candidats de la Nouvelle Star midi & soir le temps de la saison à Balthard (bordel, comment ça s’écrit “Balthard?”). Resto assiégé par les midinettes qui se sont passés le mot. On évite les phrases clichés et surfaites “Tu as bonne mine”, “Tu n’as pas changé”. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Ca fait 7 ans qu’on n’a changé avec H. Le décor lui a changé, mais nous, on est toujours les mêmes. On se voit encore là, à se croiser dans les couloirs du lycée, à se voir secrètement jusqu’à ce que le proviseur nous dise de rentrer chez nous et que le lycée ferme à 19 heures…

Pendant le dîner, elle me dit que A. l’a quittée. Qu’elle a quelqu’un d’autre. Elle me demande si tout va bien avec C. Plage de silence. 2 chocolats liégeois plus tard, on se retrouve à arpenter les rues de Cité, Notre Dame, Saint Michel. On cherche mon futur appart, on veut un appart de standing. Un truc qui claque ! Quelque chose avec une vue imprenable. Quelque chose avec fenêtres sur rue. Un appart avec la musique forte un soir d’été. Quelque chose qui fera lever le regard des gens. On en choisit un avec une grande baie vitrée. Prix estimé : 550K. Elle choisit la chambre de droite, moi celle de gauche.

00h30 assis sur les quais de Seine à partager les écouteurs d’un iPhone (orchestre de poche). On parle peu. On ne parle pas. Comme des non-parisiens, on admire la vue. Comme quand on avait 15 et 16 ans, on reste là assis, à laisser le temps filer (et le froid nous figer un peu plus). Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, encore moins 7 ans après.
Toujours les mêmes. Bloqués dans une faille spacio-temporelle, une boucle éternelle qui n’en finit pas. Elle appelle ça “notre cycle infernal”. A croire qu’on a décidé un jour d’appuyer sur “Repeat all”.

Notre Dame la nuit

L’iPhone et les photos de nuit c’est vraiment moche. Le pire c’est que de jour aussi.

2 o’clock in the morning, G. in a black cab texting H.
Tout est vrai, rien n’est exact.
G.

Ps : Ah et sinon je décolle pour Istanbul jeudi matin avec la chaîne Voyage.